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« Manger 5 fruits et légumes par jour », un slogan remis en cause

Vous n’avez pas pu échapper à ce conseil : « Pour votre santé, mangez au moins 5 fruits et légumes par jour ».
La campagne du PNNS (Programme National Nutrition Santé) lancée en 2001, dénonce le grignotage et l’alimentation trop importante en sucre, gras et sel. Douze ans après, on continue de s’interroger sur la signification de ce slogan.
Ainsi, cinq portions quotidiennes de fruits et légumes seraient insuffisantes. Mais, à quoi correspond une portion ? Faut-il manger 5 fruits et légumes différents ou identiques, en entier ou mélangés, cuits ou crus, frais ou préparés (conserves, surgelés) ? Pourquoi 5 portions et pas 3 ou 6 ? L’apport de n’importe quel légume ou fruit est-il équivalent ?…
D’un point de vue strictement nutritionnel, 5 portions de 90 grammes de fruits et légumes n’est pas suffisamment pour profiter d’une alimentation saine. La quantité minimale serait de 800g soit 8 portions. Alors pourquoi, cinq portions ? Par intérêt mnémotechnique du chiffre 5 ?
De plus, certains fruits consommés en grande quantité pourraient nuire à notre santé. Cela concerne les fruits ayant un fort taux en fructose (banane, orange, raisin, clémentine, ananas, …). Le fructose est un sucre difficilement métabolisé* par l’organisme provoquant des pics de glycémie et l’accumulation des graisses dans nos cellules. Actuellement, La consommation de jus d’orange, habitude courante de notre petit-déjeuner, est suspectée de contribuer à ne nombreuses pathologies dont le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires et même le cancer de la peau.
Ainsi, en plus de la quantité de fruits et légumes consommée qui restent insuffisante (un français consomme quotidiennement 145g de fruits et 140 de légumes), il faut s’assurer de la qualité des apports, en privilégiant les légumes (verts de préférence) aux fruits.
D’un point de vue cognitif, ce slogan pourrait s’avérer contreproductif.
En effet, une étude menée par deux chercheuses en marketing social de l’Ecole de management de Grenoble (Carolina Werle & Caroline Cuny, 2012. The boomerang effect of mandatory sanitary messages to prevent obesity, Marketing Letters, 23 (3): 883-891) démontre les effets inattendus du slogan. 130 personnes ont visionné une publicité d’un aliment type hamburger avec ou sans le message de prévention. Les participants devaient ensuite choisir un bon pour une glace ou un sachet de fruits. Les personnes ayant vu la publicité avec le message sanitaire ont fait des choix moins sains que celles l’ayant vu sans le message sanitaire ! En associant des messages sanitaires à des produits alimentaires peu sains (consommés avec excès), les individus perçoivent ces informations comme une solution potentielle à la prise de poids. Les consommateurs ont l’impression qu’en suivant le message indiqué, ils s’octroient le droit de manger plus sucré ou plus gras. Cela a pour effet de les déculpabiliser au lieu de les inciter à manger sainement. Les deux chercheuses proposent donc de dissocier le slogan de sa dimension publicitaire et d’utiliser la force des images. Ainsi, comme dans le cas de la lutte contre le tabac, l’impact est plus puissant dans l’esprit des gens.

* Une fois dans notre organisme, le fructose est très rapidement catalysé. En effet, l’enzyme responsable de sa déstructuration, la fructokinase, a une activité beaucoup plus importante que d’autres enzymes propres à certains sucres comme le glucose. Ainsi, très rapidement catalysé, provoquant des pics de glycémie.

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